Passer au contenu
Poubelle Cuisine

Composter avec des vers en appartement : mise en route, emplacement et entretien

Revu le

Compost mûr tenu dans les mains, obtenu à partir d’épluchures de cuisine

Un lombricomposteur en appartement permet de composter ses déchets de cuisine sans jardin : des vers spécialisés transforment les restes organiques en compost et en engrais liquide pour les plantes. Bien installé à l’intérieur, à l’abri du soleil et des températures extrêmes, il ne dégage pas de mauvaise odeur. Il prend peu d’espace, se pose dans la cuisine ou sur un balcon, et le lombricompostage devient vite une habitude aussi naturelle que de sortir les ordures. Cette pratique de compostage est à la portée de tous : le produit obtenu enrichit la terre des pots de la maison.

Comment fonctionne un lombricomposteur ?

Le lombricomposteur se présente le plus souvent comme une colonne de plateaux superposés, posée sur un bac de récupération muni d’un robinet. Les vers vivent dans le plateau du bas, au milieu d’un lit humide de papier et de carton, et mangent les déchets qu’on leur apporte. Une fois ce plateau plein, on en ajoute un deuxième par-dessus : les vers montent par les trous du fond pour suivre la nourriture fraîche, et laissent derrière eux un compost mûr.

Le travail est fait par des vers rouges, et non par le lombric commun qui creuse des galeries dans la terre. Le plus utilisé est Eisenia fetida, appelé ver du fumier, qui vit en surface et se nourrit de matière en décomposition. Il se reproduit vite et s’adapte bien à la vie en intérieur. Le guide de compostage de la Métropole du Grand Nancy conseille de démarrer avec environ 500 grammes de vers.

Le lombricomposteur produit deux choses. La première est un jus, souvent appelé thé de compost : l’eau contenue dans les restes de cuisine, qui en sont composés à environ 80 %, s’écoule à travers le compost et se charge de nutriments. La seconde est le lombricompost lui-même, noir et grumeleux, que l’on récolte quand tous les plateaux sont pleins.

Quels sont les avantages du lombricompostage en appartement ?

Le premier avantage est de réduire les déchets sans avoir besoin d’un jardin. Les restes alimentaires représentent environ un tiers de la poubelle résiduelle ; les confier aux vers allège le sac d’ordures, limite les allers-retours vers le local poubelles et évite les jus qui coulent. Le compostage divise le volume de ces restes par environ trois.

Le deuxième avantage est d’obtenir un engrais naturel pour les plantes d’intérieur, les jardinières du balcon ou les pots d’herbes aromatiques. Il crée également un lien concret entre la cuisine et les plantes de la maison. Enfin, c’est une solution pratique là où la collecte des biodéchets n’est pas encore proche de chez soi : depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est généralisé, et le lombricompostage domestique en est l’une des formes les plus simples. Pour les autres solutions de tri, du bioseau au point d’apport volontaire, voyez notre article sur le tri des biodéchets en cuisine.

Quel type de lombricomposteur choisir pour un petit espace ?

Trois critères comptent en appartement, bien plus que l’apparence du produit :

  • le nombre de plateaux, qui détermine la quantité de déchets traités et le rythme de récolte ;
  • la présence d’un bac de récupération avec robinet, qui évite de manipuler le jus ;
  • l’encombrement au sol, pour que l’appareil trouve sa place sous un plan de travail ou dans un coin de la cuisine.

Un composteur classique, sans vers, est en revanche réservé à l’extérieur : il a besoin d’être posé sur la terre d’un jardin pour fonctionner.

Où placer son lombricomposteur dans l’appartement ?

Le bon emplacement est proche de la cuisine, pour faciliter les apports, et à l’abri des écarts de température. D’après la Métropole du Grand Nancy, les vers sont à l’aise entre 14 et 25 °C. En dessous de 10 °C, ils mangent et se reproduisent moins ; sous 5 °C, ils cessent de se nourrir, et le gel leur est fatal. Au-dessus de 25 °C, il faut le protéger du soleil.

En intérieur, un placard ventilé ou un coin de cuisine font l’affaire ; on peut aussi le placer dans une entrée. Les vers sont sensibles aux vibrations et aux courants d’air : évitez le dessus du lave-linge. En extérieur, un balcon ombragé, protégé de la pluie, convient du printemps à l’automne, à condition de le rentrer avant l’hiver. Une cave peut sembler pratique, mais elle est souvent trop froide une partie de l’année. Aucune démarche légale n’est demandée pour un lombricomposteur d’intérieur ; sur un balcon, il suffit de respecter le règlement de copropriété.

Comment installer un lombricomposteur en appartement ?

La mise en route demande une heure à peine et quelques semaines de patience.

  1. Posez le premier plateau sur le bac de récupération et tapissez son fond d’une ou deux feuilles de papier journal.
  2. Préparez la litière : du papier journal et du carton déchiquetés, humidifiés puis essorés.
  3. Déposez les vers à la surface : fuyant la lumière, ils s’enfouissent d’eux-mêmes dans la litière.
  4. Couvrez d’un « matelas » humide, par exemple du carton ou un vieux tee-shirt en coton, pour garder la fraîcheur.
  5. Pendant le premier mois, ne donnez qu’une petite poignée de déchets à la fois, le temps que les vers s’acclimatent.
  6. Augmentez ensuite les apports et ajoutez un plateau dès que le précédent est rempli.

Coupez les déchets en petits morceaux : grâce à cette simple précaution, les vers les consomment bien plus vite.

Quels déchets peuvent être compostés dans un lombricomposteur ?

Un lombricomposteur est un écosystème vivant, pas une poubelle : les vers ont leurs préférences.

Ce que les vers acceptent

  • les épluchures et restes de légumes et de fruits, la salade ;
  • le marc de café et les sachets de thé ;
  • les coquilles d’œufs pilées ;
  • de la matière sèche pour équilibrer : papier journal, carton brun non imprimé, boîtes d’œufs, fleurs fanées.

Ce que les vers refusent

  • la viande et le poisson ;
  • l’ail, l’oignon, l’échalote et les agrumes ;
  • le pain, le lait et le fromage ;
  • le beurre, l’huile et les graisses, les restes de plats en sauce ou assaisonnés.

Ce qui ne va pas aux vers rejoint le bac à biodéchets de la commune s’il existe, ou les ordures ménagères. Le lombricomposteur n’est pas non plus une alternative au broyeur sous l’évier, dont le rejet aux égouts est en principe interdit : il traite les restes organiques sans passer par le réseau d’eaux usées.

Est-ce que ça sent mauvais ?

Non, si l’équilibre est respecté. Un lombricomposteur bien conduit sent le sous-bois. Les odeurs désagréables ont presque toujours la même origine : un excès d’humidité ou trop de nourriture d’un coup. Le contenu pourrit alors sans air, ce qui produit une odeur aigre.

La réponse tient en trois gestes. Ajoutez du carton ou du papier sec à chaque apport humide, car les restes de cuisine apportent déjà beaucoup d’eau. Ne donnez pas plus que ce que les vers consomment. Videz régulièrement le liquide du bac du bas : les vers peuvent y glisser et s’y noyer, ce qui dégage une odeur forte. Si des mouches apparaissent, nos conseils contre les moucherons de la poubelle s’appliquent aussi au lombricomposteur.

Comment utiliser le thé de compost et récolter le compost ?

Le thé de compost est très concentré : ne l’utilisez jamais pur. La Métropole du Grand Nancy recommande de le diluer dix fois, soit un volume de thé pour neuf volumes d’eau, avant d’arroser les plantes. Le lombricompost se récolte au bout de quelques mois, quand tous les plateaux sont pleins. Placez le plateau le plus ancien sur le dessus, à la lumière : les vers descendent pour la fuir, et le compost peut être prélevé. Il enrichit la terre des pots, des jardinières ou d’un jardin partagé.

Pour le détail des étapes, le guide de lombricompostage de la Métropole du Grand Nancy est une référence utile.

Quel est le prix d’un lombricomposteur ?

Le budget dépend surtout du nombre de plateaux et de la matière, et il faut y ajouter l’achat des vers. Avant d’acheter, consultez le site de votre collectivité, qui propose parfois des lombricomposteurs à ses habitants, avec une séance de prise en main. C’est souvent le moyen le plus sûr de démarrer, et d’obtenir une réponse à chaque question au début. Ce traitement des déchets à la maison mérite une mention : il ne demande ni électricité ni eau, seulement un peu d’attention.

Retrouvez d’autres conseils pour mieux gérer les déchets de la cuisine dans notre blog.

↑